Universal Studios Japan

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Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de faire du sport. Si, si je vous assure! Du sport, du vrai, du qui fait suer et qui est bien chiant. Toute la journée, je vais m’adonner au sport national du Japon: la file d’attente. Si tu vas quelque part au Japon et qu’il n’y a pas de queue, c’est qu’il y a un problème. Quelqu’un n’a pas fait son travail correctement. Il faut faire la queue, c’est comme ça. C’est la file d’attente qui est devant le restaurant qui le rend bon, pas ce que tu vas y manger. Alors notez bien cet adage: au Japon, en tout lieu, en toute circonstance, toute queue est bonne à prendre. Et en tant que vraie sportive dans l’âme, je me rends dans LE temple de la file d’attente. Là où tu es sûr que tu vas t’en prendre plein la tronche, tellement que tu ne sauras plus où donner de la tête, que tu en auras plein le cul et les pieds en compote. De la queue, de la vraie, messieurs dames, ouvrez bien vos mirettes parce qu’aujourd’hui je vais à Universal Studios Japan.

Alors ça commence dès l’achat du billet. C’est les vacances scolaires, c’est l’été, il fait méga beau, tout le monde a eu la même idée que nous. Je me doutais bien que ça se passerait comme ça, alors je mets ce temps d’attente à profit pour prendre mon petit dej. Oui parce qu’en plus on s’est levé super tôt pour y aller, donc je n’ai pas encore eu le temps d’avoir faim. J’ai pris avec moi mon fameux メロンパン (melon pan) et mon thé noir au lait favori de chez Famima. C’est avalé en moins de temps qu’il n’en faut pour rentrer dans le parc.

Après y être enfin parvenu, on se dépêche d’aller faire une deuxième queue: celle qui nous permettra d’aller faire une troisième queue à une heure précise pour entrer dans le monde merveiqueue d’Harry Potter. En attendant on se fait le manège tout mignon d’Hello Kitty avec des cupcakes qui tournent (moins que les tasses de Disney, et c’est tant mieux pour mon melon pan). Une fois chez notre ami Harry, on commence en petit joueur avec le rollercoaster familial “The Flight of The Hippogriff”. L’attraction principale affiche plus de deux heures de queue. On n’est pas encore prêts pour ça, alors on se met en jambe avec quatre-vingts minutes d’attente tout de même. Une toute petite mise en bouche, un apéricube. Je ne suis même pas sûre que l’attraction ait duré une minute. Mais bon, c’était rigolo, et on a appris déjà deux kanji. Ben oui, dans la queue, faut bien s’occuper!

En sortant du rollercoaster, gros dilemme. “Harry Potter and The Forbidden Journey” affiche 180 minutes d’attente au moins. 180 minutes, trois heures, soit en moyenne deux films, quatre parties de dota2, deux matchs de foot sans mi-temps, sept émissions de L’Oeil de Links, un Paris-Marseille en TGV, un léger retard du RER A. Que faire? Est-ce qu’on va surmonter toute cette attente en vrais professionnels? Je vous rappelle qu’il fait un cagnard impossible, il est maintenant 12h, et nous sommes équipés avec mes deux comparses en tout et pour tout d’un chapeau, une ombrelle, un éventail et de la crème solaire. La barre est haute, le défi immense. Dans ce cas, comme on dit, le bide porte conseil. Allons nous remplir la panse, et nous déciderons ensuite. À la base, on veut juste un modeste sandwich. On demande aux assistants d’Harry, en japonais, qui nous disent qu’il y en a et nous indiquent où, alors on court à droite à gauche, on revient à droite, on tourne en rond, pas de sandwich! Non mais oh! On est dans un parc! Et y a pas de sandwich! Pas de hot-dog! C’est quoi ce bordel? En désespoir de cause, je demande à un autre employé qui m’avoue que non, en fait il n’y en a pas, il faut aller au restau. Bon d’accord, on capitule, on y va, ça nous fera du bien de profiter de la clim.

Rappelez-vous du thème de la journée: évidemment que nous faisons la queue pour pouvoir entrer dans le restau! Quarante minutes de queue pendant lesquelles nous avons largement le temps d’admirer les répliques en plastique de ce que nous allons manger. Les plats anglais sont à l’honneur, et je choisis le Fish N’ Chips, classique, rassurant et roboratif. Le restaurant est bien décoré, avec une énorme hauteur sous plafond. Tout en bois, dans le style d’une vieille taverne, avec des lustres, des poutres et des escaliers en colimaçon. Je récupère mon plateau et je me pose à table. Pfiou… Ce n’est pas la folie dans mon assiette, c’est moins bien présenté que ce que le décor pourrait laisser imaginer. Le poisson est découpé en trois morceaux pânés, et agrémenté de potatoes, sauce tartare et quartier de citron. C’est bon, ça va. C’est du vrai poisson et ça ressemble à du cabillaud, et j’ai même droit à une vraie sauce tartare. C’est quand même assez cher pour ce que c’est (presque 2000yens), mais on est dans un parc, c’est attendu.

En sortant, la queue a diminué! Ce serait dommage de venir ici et de ne pas aller dans l’attraction phare! Et la 4K3D me fait trop de l’œil. C’est décidé, on y va! On avance d’un pas ferme et décidé, mais on est vite arrêté par une masse immobile de gens. On fait moins les malins quand on se rend compte que le designer de la file d’attente est en fait un vrai sadique. Une partie de la queue se trouve ni plus ni moins que dans une serre. Non, on n’a pas chaud du tout, tout va bien! La discipline des japonais nous impressionne. Il est possible de visiter le château d’Harry, sans faire l’attraction, mais pour ça, il faut couper les files d’attente. Personne ne triche, tout le monde est sage. Je n’imagine pas ça possible une seconde en France! Un autre bon point, il y a des fontaines à eau dans les queues. Indispensable! Quelques kanji et crises et flipette plus tard, nous atteignons le graal! C’est youpi, j’adore les transitions entre les mondes réels et ceux en 3D. C’est super bien fait! Un peu trop d’ailleurs quand on croise des araignées géantes… Brrr!

Le reste de la journée n’égalera jamais le record d’attente établi chez nos amis anglais. Pourtant, on a bien essayé en allant faire un tour à Jurassic Park, chez Spiderman, et dans les étoiles. Je me suis bien rafraîchie dans l’après-midi en regardant la parade tout en sirotant un ソフローズンメロン (SoFrozen Melon). Une sorte de glace verte une peu mousseuse, avec un goût proche du melon soda (qui n’a pas le goût de melon du tout). Et avant de rentrer, nous finissons sur une note grassouillette d’onion rings et de French fries dans un diner à l’américaine. Pour l’anecdote, quelqu’un a vomi tout ce qu’il était possible de vomir pour un humain devant la porte du restaurant, donc nous sommes sortis par l’autre côté… Appétissant! Et donc, avec plus de sept heures de file d’attente en une journée, je pense que nous sommes de loin les champions toute catégorie!

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